| Comment nous devenons Dieu |
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En collaboration avec Jérôme Bourgine Editions du Rocher
TABLE DES MATIERES
EXTRAIT DU CHAPITRE 1
LES GRANDS CYCLES DE CREATION
JERÔME : Qu’est-ce qu’on fait là ? Ca ressemble à une école…
ALAIN : On peut voir ça de cette manière. Nous sommes sur terre pour apprendre, pour comprendre ce que nous vivons et, partant de là, pour grandir et croître en conscience. Il s’agit de dépasser continuellement nos propres limites. Mais nous n’y arrivons pas toujours et c’est normal. Il y a des moments où nous stagnons, voire où nous reculons un peu, puis, de nouveau, notre conscience de la Réalité progresse, lentement ou bien : très vite.
JÉRÔME : Cet apprentissage serait valable non seulement à l’échelle d’une vie, mais de plusieurs. Cet être dont nous parlons, cette conscience en expansion continuelle : toi, moi, n’importe quel être humain, est une entité individuelle, autonome et immortelle qui, au fil d’incarnations successives – et de périodes de désincarnation également, nous en reparlerons – va peu à peu élargir le champ de sa conscience. Mais le fait même de parler de progression implique qu’il y a eu un point de départ et qu’existe également une ligne d’arrivée…
ALAIN : Gardons ton image d’une école. Nous sommes des élèves dans un système éducatif extrêmement vaste et complexe. Un système qui vise à faire de nous des créateurs, des dieux. Nous en sommes fort loin encore c’est certain, mais nous ne sommes pas non plus les premiers à expérimenter le système. Il faut sortir de cet égocentrisme. D’autres que nous, qui jadis étaient également des élèves, ont progressé. Si tu nous places en seconde et que le bac symbolise la fin du chemin humain, alors disons que ces consciences ont passé le bac, achevé leurs études universitaires et effectué de nombreux stages en « entreprises ». Elles ont acquis suffisamment de Conscience et de maîtrise de leur pouvoir créateur pour prendre en charge une partie du fonctionnement du système éducatif, c’est à dire de l’univers. Elles vont donc s’occuper d’une humanité en devenir, d’un établissement scolaire si tu veux. Ce que fait la Conscience Planétaire ou Gaïa, suivant une autre terminologie, pour la terre. Naturellement, c’est une expérience qu’elle va mener à partir de zéro. Depuis la matière vierge des planètes que met à sa disposition l’univers, elle va tout créer : un règne minéral, puis quand celui-ci aura atteint sa maturité, il va en émerger un règne végétal, animal, humain, spirituel, etc. Millions d’années après millions d’années, la Conscience Planétaire va faire monter tout cela en conscience, cycle après cycle jusqu’à ce qu’Elle ait amené toutes les consciences contenues dans son champ de manifestation à un niveau très élevé. Lorsqu’Elle y sera parvenue, son propre niveau de conscience aura considérablement augmenté au fil de l’expérience. Il est important de bien comprendre que nous sommes dans un système en perpétuelle évolution. Même l’ultime Conscience que nous appelons Dieu, au sommet de cette pyramide, continue d’expérimenter et croître en conscience à travers toute cette structure qu’il a engendrée. Le point de départ, en ce qui nous concerne nous, les êtres de cette planète, c’est l’ouverture de l’école de la Mère du Monde, le principe Féminin Cosmique, lorsque l’embryon de cette conscience qui allait devenir la notre, la tienne, la mienne, a lentement émergé du magma terrestre pour vivre sa première expérience dans le monde matériel : au niveau du minéral. Quant à l’arrivée, ce sera de devenir à notre tour des êtres divins, créateurs d’univers, et au delà, des êtres extradivins, dont on ne peut même pas soupçonner ce que cela signifie ni en parler sans raconter des fadaises. Notre perception, même la plus élevée, ne portant pas encore jusque là.
JÉRÔME : « Vers l’infini et… au delà ! ». J’adore cette perspective, sa non-limitation. Pourtant, cette vue de la genèse humaine n’est pas la plus répandue. Le discours ambiant est plutôt que nous sommes tous des dieux dès le départ et que nous avons juste à nous en souvenir pour retrouver notre statut divin… Dans le système que nous évoquons ici et que nous allons développer, la philosophie est plutôt : partis de rien pour arriver à Dieu ou comment passer du zéro à l’Infini. Un système dans lequel nous sommes véritablement et exclusivement le fruit de nos propres œuvres.
ALAIN : Le point de vue entre les deux systèmes n’est pas le même, mais il n’en est pas pour autant incompatible. Je pense qu’au départ notre conscience est équivalente à zéro, en aucune façon nous ne sommes déjà divins. Notre conscience naissante va se développer petit à petit, en fonction d’un schéma directeur préétabli que nous allons actualiser au fur et à mesure et qui, de gland que nous sommes va nous transformer en chêne rayonnant. Dans une certaine mesure, le plan d’ensemble étant déjà contenu dans l’impulsion primordiale, le statut divin qui se trouve à son terme est lui-aussi inscrit en nous, mais il ne s’agit que d’un état virtuel qu’il revient à nous et à nous seul d’accomplir en réalisant point par point l’ensemble du programme évolutif. Tout au plus donc, cette divinité est-elle présente en essence. Je pense vraiment qu’il en va de nous comme de toute chose dans l’univers : par étapes. J’imagine parfois des sortes d’embryons de conscience jaillissant de cet énorme magma minéral au commencement du monde (du notre en tous cas) et vivant des expériences très simples, frustres, infiniment lentement. Il y a eu ces masses minérales solidifiées, compactes qui interagissent à travers les transformations géologiques de la planète : des éruptions, des refroidissements, des pressions, des diversifications. Puis la « conscience » minérale s’est agitée jusqu’à ce que les parties les plus chargées d’expérience, les plus actives et raffinés, arrivent à leur tour à créer les embryons de la conscience végétale la plus basique : cellules, algues, lichens…
JÉRÔME : Quand tu dis « embryons de conscience », il faut vraiment faire un effort d’imagination pour réaliser ce que cela pouvait être, rien à voir avec ce que nous mettons derrière le mot « conscience » aujourd’hui. On pourrait peut être davantage parler d’un début de mémoire de ce qui est vécu à travers ces premières expérimentations, d’une accumulation d’informations sur les fonctionnements de base du monde atomique, chimique, moléculaire…
ALAIN : Et cela d’autant plus qu’il ne faut pas nous référer aux règnes minéraux et végétaux que nous connaissons aujourd’hui et qui se sont considérablement complexifiés depuis le départ. N’oublions pas que nous nous trouvons au milieu de la grande entreprise de création de la Mère Divine. Les différents règnes actuels ne sont pas les premiers en place et ils bénéficient de l’expérience des cycles précédents. Ainsi, le règne minéral actuel est déjà très développé, complexifié, car il est né de l’expérience du règne minéral précédent, celui qui se trouvait sur terre lorsque nos consciences expérimentaient elles-mêmes le cycle antérieur : animal. Et avant cela encore, lorsque nous expérimentions la dimension végétale, le règne minéral en place était encore plus simple. |


